Aujourd’hui, à l’issue de 40 années de recherches internationales bien construites, on dispose d’un recul important par rapport au moment où les premières questions sont apparues. Alors qu’en est-il ?

EN DÉPIT DE 40 ANNÉES DE RECHERCHE, AUCUN EFFET À LONG TERME N’EST AVÉRÉ.

En 40 ans de recherches biomédicales en laboratoire, et de recherches épidémiologiques sur des populations réelles, aucun lien de causalité entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques générés par les lignes à haute tension et des effets sur la santé n’a été établi.

Les études épidémiologiques (études d’observation des maladies dans les populations) sont celles qui ont lancé le débat. De fait une association entre champs magnétiques et leucémies de l’enfant a été observée de manière récurrente au cours de toute cette période. Néanmoins, aucune autorité scientifique et médicale n’a conclu à l’existence d’une relation de cause à effet entre l’exposition aux champs et la leucémie de l’enfant.

Cela est lié, d’une part au fait que seul un nombre limité d’études épidémiologiques a observé cette association (en l’occurrence, les autorités sanitaires évoquent des « indications limitées »), et d’autre part au fait que les études biomédicales en laboratoire n’ont pas permis d’identifier un mécanisme d’action qui aurait pu expliquer l’association observée en épidémiologie (les autorités sanitaires évoquent des « indications insuffisantes »).

Au final, à l’exception de la leucémie de l’enfant qui reste encore une question ouverte, il est unanimement considéré qu’il n’y a pas de données probantes vis à vis d’un risque pour la santé, notamment vis-à-vis des cancers de l’adulte et de l’enfant. On peut ainsi lire sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé1 : « Malgré de nombreuses recherches, rien n’indique pour l’instant que l’exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine. »

1 https://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index1.html

SI UN EFFET N’EXISTE PAS, LA SCIENCE NE PEUT PAS LE DÉMONTRER

Si on part de l’hypothèse qu’un effet existe, et que son étude est scientifiquement à notre portée, alors prouver la réalité de l’effet n’est plus qu’une question de moyens, de temps et d’opiniâtreté. Réciproquement si l’effet n’existe pas, on ne pourra jamais le démontrer scientifiquement. Ainsi tous ceux qui ont fait des tentatives (scientifiques ou pas) pour démontrer l’existence des fantômes ont échoué. Néanmoins la seule conclusion qu’on peut en tirer est que ces tentatives ont échoué, mais ce n’est pas pour autant qu’on a démontré que les fantômes n’existent pas.

Dans le même ordre d’idée, le « risque zéro », autrement dit la garantie d’absence d’effet, est donc scientifiquement impossible à établir. La science ne pourra donc jamais garantir l’absence d’effet.

RESTER VIGILANT ET POURSUIVRE MALGRÉ TOUT LA RECHERCHE SUR UN EFFET ÉVENTUEL SUR LA SANTÉ

La science ne pourra jamais démontrer qu’un effet n’existe pas. L’hypothèse d’un effet éventuel sur la santé ne pourra donc jamais être définitivement exclue.

Par ailleurs, on dispose d’un recul donné par 40 années de recherches bien construites. La seule certitude qu’on puisse en tirer est que, comme le dit l’OMS, « il est clair que si les champs électromagnétiques ont un effet réel sur le cancer, alors l’accroissement correspondant du risque ne peut être qu’extrêmement faible »

Néanmoins, la persistance d’un doute suffit à motiver une nécessaire vigilance de la part des industries électriques et donc la poursuite du soutien à la recherche au niveau national et international.